Comment se déroule un bikefit ? Immersion en vidéo chez Posturide avec Polo à Vélo
Suivez en vidéo une étude posturale chez Posturide à Annecy : Polo à Vélo fait régler son pignon fixe de bout en bout avant une course d'ultra.
Comment se passe réellement une étude posturale ? Rien ne vaut une immersion pour le découvrir. Le vidéaste Polo à Vélo, adepte de gravel, de bikepacking et d'ultradistance, attaque sa saison avec un défi singulier : enchaîner les courses d'ultra… en pignon fixe. Problème : il n'a jamais fait de bikefit et ne parvient pas à trouver naturellement sa position sur son nouveau vélo. Il a donc poussé la porte de Posturide à Annecy et filmé l'intégralité de sa séance. Voici ce qui s'y est passé, étape par étape.
L'entretien initial : comprendre le cycliste avant de toucher au vélo
La séance commence par un échange approfondi. Les mesures du vélo ont été relevées avant l'arrivée et consignées dans un dossier : le cycliste repartira avec ses anciens et ses nouveaux réglages. On passe ensuite en revue la pratique, l'historique de blessures (une fracture de la clavicule, une fêlure de côte en VTT) et surtout l'objectif : la Desertus Bikus, une traversée de l'Espagne d'environ 1 400 km, à boucler en pignon fixe. Sans roue libre ni dérailleur, il faut pouvoir recruter un maximum de force sur la poussée, tout en tenant une position confortable pendant des heures. C'est tout l'enjeu de la séance, menée par Étienne, podologue du sport, aux côtés d'Hugo, masseur-kinésithérapeute du sport et fondateur de Posturide.
« Un réglage optimal de son vélo, c'est ouvert à tous : compétition, confort, blessure… peu importe l'objectif. »
Le bilan physique : équilibre, mobilité et préférences motrices
Avant de monter sur le vélo, place au bilan corporel : flexions de genou en équilibre sur un pied, inclinaisons de la tête et du buste, tests de gainage avec déséquilibres provoqués, squat en appui sur les talons, rotation des épaules bassin fixé. L'objectif est d'identifier le schéma moteur du cycliste, c'est-à-dire les chaînes musculaires qu'il recrute spontanément, afin d'orienter ensuite les réglages de cales et de position.
Les sauts sur plateforme : objectiver les asymétries
Vient ensuite une série de sauts mesurés sur plateforme : saut vertical à deux jambes, sauts unipodaux, puis sauts réactifs. Les chiffres parlent : la jambe droite pousse plus fort, la gauche est plus réactive. L'écart de force en unipodal atteint environ 20 %, tandis que les sauts réactifs ne montrent que 7 % d'asymétrie.
« En dessous de 10 % d'asymétrie, il n'y a pas de différence significative. Mais à droite, la jambe est environ 20 % plus efficace : c'est un axe de renforcement à travailler. »
Le réglage des cales, fondation de la position
Genou fléchi à 90°, le bikefitteur repère la première et la cinquième tête métatarsienne : la cale doit se situer entre ces deux repères. Plus elle est avancée, plus la transmission de force passe par l'avant-pied et le mollet ; plus elle recule, plus la poussée devient globale. Compte tenu des tests et de la poussée longue qu'exige le pignon fixe, la cale gauche est légèrement avancée et les rotations sont symétrisées.
Sur le home trainer : la position se construit réglage après réglage
Le constat initial est net : un poste de pilotage lointain et bas, une selle un peu haute, bref une position « entre-deux » qui poussait Polo à changer sans cesse de prise. Les ajustements s'enchaînent alors, chacun testé en pédalant, y compris sur une minute d'effort autour de 300 W : selle abaissée puis avancée, cintre rehaussé de 5 mm, potence raccourcie de 120 à 110 mm, cocottes redressées et rentrées.
« Je suis moins tendu sur les bras, je me sens plus détendu au global. C'est plus proche de ce que j'ai sur mon vélo d'endurance. »
Le verdict : une position entièrement repensée
Au final, presque tout a été modifié :
- position des cales sous les chaussures ;
- hauteur et recul de selle ;
- hauteur du cintre ;
- longueur de potence ;
- orientation des cocottes.
Le bikefitteur recommande même de tester une potence encore un centimètre plus courte, en reculant légèrement la selle, et rappelle qu'une nouvelle position demande plusieurs sorties d'adaptation, avec un point de suivi si besoin. Épilogue : Polo est passé sur une potence de 100 mm et se sent « beaucoup mieux ». Comme quoi, un vélo un peu plus haut et un peu plus court peut être plus adapté qu'une position basse à tout prix. Il ne lui reste plus qu'à pédaler jusqu'au bout de l'Espagne.
Envie de vivre la même séance ?
Que vous prépariez un ultra, cherchiez plus de confort ou vouliez en finir avec une douleur, le déroulé sera le même : entretien, bilan complet, mesures objectives et réglages testés en conditions réelles. Vous pouvez réserver votre étude posturale dès maintenant. Et pour suivre les aventures en pignon fixe de Polo à Vélo, direction sa chaîne YouTube.